Résumé des discussions
par problématique

Problématique 1 : L'orientation scolaire

La question de départ pour introduire la réflexion sur la problématique de l'orientation scolaire était la suivante : " Devrait-on diriger les personnes handicapées visuelles vers des emplois ciblés ou les laisser choisir leur orientation scolaire en fonction de leurs intérêts ou de la réalité du marché du travail? "

Les sujets abordés pour approfondir cette partie de la réflexion ont été les suivants :

1.1 La pertinence des emplois ciblés

La déficience visuelle, au départ, vient brimer le choix de carrière, car elle impose des limitations fonctionnelles. En intégrant un processus de ciblage d'emploi on restreint encore plus les choix. De plus, on vient fermer les portes à des personnes qui décideront d'aller étudier vers des métiers non-traditionnels.

Le catalogage et le ciblage d'emplois accessibles et adaptables pour les personnes ayant une limitation visuelle pourraient servir de point de départ pour effectuer un choix professionnel. Il faut savoir qu'au Canada plus de 1000 corps d'emploi sont occupés par des personnes handicapées visuelles et qu'avec les changements technologiques excessivement rapides ce répertoire devrait être mis à jour continuellement. (Recommandation no 1)


1.2 Le manque de formation

La déficience visuelle vient réduire la possibilité pour ces personnes d'occuper des emplois exigeant d'effectuer des tâches manuelles. Le taux de scolarité moins élevé de cette portion de la population (seulement 11% des personnes handicapées visuelles ont terminé des études post-secondaires et universitaires, selon la Société québécoise pour les personnes aveugles) et un taux élevé (45%) de déficiences associées à la déficience visuelle vient limiter leur accessibilité à des emplois sur le marché du travail. (Recommandations no 2 et 3)

1.3 L'orientation scolaire

Le manque de connaissance sur les impacts et les limitations occasionnées par la déficience visuelle, ainsi que la méconnaissance du milieu par les conseillers en orientation sont quelques unes des lacunes qui ont été soulignées lors de cette journée de réflexion. Il faudrait faire connaître les ressources disponibles dans le secteur de la réadaptation et le soutien qu'ils peuvent recevoir aux personnes travaillant dans ce corps d'emploi. (Recommandations no 4, 5, 6 et 7)

1.4 Les intérêts professionnels versus la réalité face à son handicap.

Lorsque l'on parle d'intérêts professionnels il faut tout d'abord faire une évaluation du profil de chaque personne. Par la suite, il serait à propos de voir la réalité face au choix professionnel effectué et l'accessibilité de cet emploi versus le handicap. Il faudrait aussi évaluer la progression de ses limitations dans les années futures avant de faire un choix définitif. Ne pas tenir compte de ses intérêts et de ses aptitudes peut amener un niveau de frustration et de sous-performance.

1.5 Les réalités d'embauche

Lorsque l'on aborde ce sujet, on pense tout de suite aux emplois futurs et aux programmes contingentés mais dans le cas de personnes ayant une limitation visuelle, il faut surtout se pencher sur la dénormalisation des postes. La déstandardisation dans la définition des tâches permettrait à l'employeur d'avoir une souplesse pour adapter la définition de tâches et rendrait plus réaliste l'embauche des personnes handicapées visuelles. (Recommandation no 8)

1.6 La facilité de l'intégration scolaire versus les difficultés de l'intégration au marché du travail.

L'accessibilité aux adaptations et à des services spécialisés en milieu scolaire rendent l'intégration simple et permet aux étudiants d'évoluer dans un milieu d'apprentissage régulier où ils peuvent performer comme chaque individu. Cette facilité d'intégration est idéale pour une personne handicapée visuelle. Par contre, l'attitrage de certains établissements pour obtenir ce type d'encadrement peut limiter certains choix professionnels.

De plus, cette facilité d'intégration ne reflète pas la réalité du marché du travail. Sans diminuer l'accessibilité du milieu scolaire qui a grandement été améliorée, il faudrait préparer les étudiants aux difficultés qui sont rencontrées lorsque l'on parle d'intégration au marché du travail. (Recommandation no 5)

1.7 Les emplois d'été

Les délais d'attente pour adapter un poste de travail et la courte durée des emplois d'été nuisent à leur accessibilité pour les personnes handicapées visuelles. L'impossibilité de pouvoir accéder à ces emplois provisoires empêche ce groupe de personnes d'acquérir de l'expérience pour l'intégration future au marché du travail. (Recommandations no 9, 10, 11 et 17)

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Problématique 2 : La capacité d'adaptation

La question de départ pour introduire la réflexion sur la problématique de la capacité d'adaptation était la suivante :
" Les personnes handicapées visuelles peuvent-elles toujours s'adapter à toutes les situations? "

Les sujets abordés pour approfondir cette partie de la réflexion ont été les suivants :

2.1 La capacité à utiliser les aides techniques visuelles

Le fonctionnement des aides techniques visuelles utilisées en milieu de travail, n'est pas toujours simple, avec l'évolution de la technologie elle est même de plus en plus complexe. Le niveau de scolarité peu élevé du groupe ciblé limite la capacité et l'intérêt d'un grand nombre de personnes handicapées visuelles à avoir la volonté et la capacité d'opérer ces équipements pouvant faciliter leur intégration au travail. Le temps requis à l'apprentissage est souvent long et demande de nombreux efforts et beaucoup d'énergie. Comme chaque individu a ses limites, il faut faire du cas par cas à chaque fois que l'on évalue les adaptations requises pour un poste de travail. De plus, la rapidité des changements technologiques demande une adaptation constante des équipements pour être capable d'effectuer son travail.

Les conditions de travail actuelles font que les employés sont souvent sur des postes contractuels. Le temps requis à l'apprentissage des aides techniques et les délais de livraison des équipements empêchent l'embauche des personnes déficientes visuelles sur des postes commençant rapidement et de courte durée. La clientèle actuelle ne répond donc pas à la réalité du marché du travail. (Recommandations no 2, 3, 10, 13, 17 et 25)

2.2 Les changements fréquents de l'environnement de travail

Les changements fréquents de l'environnement de travail provoquent un stress inutile chez les personnes handicapées visuelles et peut même aller jusqu'à provoquer des incidents pouvant causer des blessures. La collaboration et la compréhension des collègues de travail est précieuses pour éviter ces lésions. (Recommandations no 12 et 16)

2.3 Les changements technologiques rapides

L'évolution constante et rapide de la technologie nuit à l'adaptation et à la compétitivité des personnes vivant avec une déficience visuelle qui veulent accéder au marché du travail. L'adaptation des logiciels informatiques ne peut suivre l'évolution de la technologie. Le délai d'adaptation des logiciels spécialisés est de deux (2) ans minimum. Nous ne pouvons pas empêcher la technologie de progresser. Par contre, on pourrait assouplir et rendre fonctionnel le décret des aides techniques visuelles. Ce décret pourrait suivre le développement actuel. Les changements technologiques rapides sont en train de mettre en péril l'intégration des personnes handicapées visuelles sur le marché du travail dans diverses fonctions du secteur régulier. (Recommandations no 13 et 14)

2.4 La lourdeur des documents manuscrits

La quantité de documents manuscrits utilisés sur le marché du travail réduit l'accès à plusieurs emplois, surtout pour la clientèle fonctionnellement aveugle. Pour les fonctionnellement voyants, c'est la rapidité à consulter ces documents qui est réduite. (Recommandation no 15)

2.5 L'adaptation des collègues de travail

L'arrivée d'une personne handicapée visuelle dans un milieu de travail demande une préparation de l'employeur et des collègues de travail pour savoir comment fonctionner et intégrer cette personne à l'équipe de travail. L'adaptation doit se faire de part et d'autres. Il faut éviter les situations où le matériel adapté et la personne deviennent un centre d'attraction lors de son arrivée et par la suite elle soit mise de côté. (Recommandations no 16,17 et 24)

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